Lors des élections municipales du 5 mai 1935, René Danjou SFIO et le communiste Félix Routhier forment, pour le second tour, une liste de Front Populaire. Tous les candidats de gauche sont élus et l’assemblée municipale désigne Félix Routhier comme maire.
Au niveau national, le Front Populaire rassemble des forces de gauche au sein d’une coalition pour contrer la montée de l’extrême droite. La gauche remporte les élections législatives le 3 mai 1936. Pour la première fois un socialiste, Léon Blum[1], arrive au pouvoir. En parallèle, toutes les strates de la société se mobilisent pour obtenir des avancées sociales.
A Noisy, 1936 est une période intense marquée notamment par des manifestations de solidarité avec les républicains espagnols en lutte contre le Général Franco. Illustration 1- devant la mairie une collecte est organisée par le parti communiste. Au premier rang à droite, nous reconnaissons Léon Lochin qui mourra en déportation à Auschwitz en juillet 1942.

Le jeudi 15 octobre se tient salle des fêtes de la mairie un Rassemblement universel pour la Paix sous la Présidence de M. Routhier, maire, conseiller général de la Seine et M. Daviet, curé-doyen de Noisy-le-Sec.
1936 est aussi marqué par des grèves spontanées et des occupations d’usines dans toute la France. Illustration 2 – l’usine de la Madeleine[2] est en grève. La photo est prise devant le 107 rue de Paris (n’existe plus).

L’aide aux chômeurs (au nombre de 720 sur 24 000 habitants) devient une des orientations prioritaires de la municipalité. Un vœu est émis afin que « les vieux travailleurs reçoivent une rente qui leur permette de dégager le marché du travail et de terminer dans la tranquillité leur existence ».
Le 7 juin 1936 le gouvernement, les syndicats et le patronat signent les accords de Matignon. Les principales mesures concernent les conditions de travail : semaine de 40 heures au lieu de 48h et reconnaissance du droit syndical. D’autres mesures concernent les conditions de vie : prolongation de la scolarité jusqu’à 14 ans, augmentation du salaire et généralisation des congés payés, acquis emblématique de cette période.
A Noisy, la municipalité décide la création de classes de vacances qui fonctionnent, comme le prévoient les instructions, du 17 août au samedi 19 septembre 1936 mais c’est aussi la création d’un patronage municipal et d’importants travaux de modernisation du centre de vacances de la Godelle [3].
1936, une mémoire transmise de génération en génération, toujours vivante, même 90 ans après. Vive l’été, le soleil et les congés payés !
Anne-Marie Winkopp
Sources : Archives Municipales de Noisy-le-Sec
[1] Le 5 juillet 1952, inauguration de la rue Léon Blum par Guy Mollet, secrétaire général de la SFIO et André Lefevre maire MRP.
[2] L’usine de la Madeleine deviendra le Comptoir Lyon-Alemand-Louyot, voir le magazine Horizons de juillet-août 2025.
[3] Acquisition de la ville en 1929.


