1/Histoire des gardes messiers
Avant la révolution :
Les messiers ou gardes messiers (de messis en latin : les moissons) leur fonction : garder le territoire, les grains, les foins, les vignes et les arbres fruitiers. Elus par les habitants et confirmés par la prévôté. Ils étaient employés du premier mai au premier novembre au moment des moissons et des récoltes, ils prêtaient serment et portaient une hallebarde et une plaque justifiant leur statut. Ils n’étaient pas rémunérés. A Noisy le Sec on compte quatre messiers pour le village de Noisy et un pour le village de Merlan.


A la révolution en 1790-1791 : on supprime les anciennes justices seigneuriales : on veut la même justice pour tous. Chaque commune doit se munir d’un garde champêtre, rémunéré à l’année, il est secondé par des gardes messiers.
A Noisy le Sec, on continue à faire appel à des gardes messiers comme avant. Rien ne change, on ne veut pas payer de gardes champêtres mais les gardes messiers sont désignés par le conseil municipal et approuvés par le préfet. Leur emploi n’est pas rémunéré et ce jusqu’en 1812. A ce moment la ville se dote d’un garde champêtre : Pierre Masson est nommé garde champêtre. Il est rapidement destitué pour incompétence et prises de boissons. On le remplace par Jean Louis Hanotelle qui démissionne assez rapidement. La ville le regrette d’autant plus qu’on lui avait payé un sabre et une hallebarde (cf. Espaullard). La ville ne le remplace pas, elle se contentera de six gardes messiers.

au centre, le garde champêtre reconnaissable à son épée qui dépasse de sa cape

En 1829-1830 la ville prend conscience qu’un garde champêtre serait bien utile d’autant plus qu’elle est la seule commune à ne pas en avoir. La décision de s’en doter sera prise en 1831.
Le conseil municipal nomme un garde champêtre payé 500 francs par an, un à Noisy le Sec et un à Merlan équipés d’un sabre porté en bandoulière, d’une plaque « La Loi » avec son nom et celui de la commune et d’un bicorne (plus tard un képi) (500francs à l’époque équivaut à 1500 à 2000 euros aujourd’hui) cf Glossaire
Il s’agit bien d’une police rurale et municipale. Leur salaire augmente peu à peu jusqu’à 700 francs en 1837. Outre les deux gardes champêtres s’ajoutent dix gardes messiers qui ont pour seul salaire une quête, autorisée par le conseil municipal, auprès de la population à la fin de la saison, à condition d’en donner une partie aux œuvres de bienfaisance de la ville et de garder le reste pour « festoyer » sic. La commune peut être amenée à créer des corps de gardes exceptionnels pour des services de vingt-quatre heures d’affilée.
En 1850, le service du garde champêtre à Merlan s’avère inutile : il est supprimé. En 1870, création d’un seul corps municipal rémunéré à 1100 francs plus une gratification pour les déplacements et chargement des 100.000 pavés livrés à Paris soit un franc 25 par jour. En 1876, une gratification personnelle est allouée pour la surveillance de l’octroi
En 1909 les gardes champêtres sont autorisés à verbaliser, ils délivrent des procès-verbaux aux automobilistes contrevenants.
En 1914 le garde champêtre est payé 1550 francs par an auxquels s’ajoute un logement.
Le dernier garde champêtre en 1963 quitte ses fonctions il sera remplacé par « un appariteur » sic
Il convient d’observer que le garde champêtre a été longtemps sujet à moqueries dans les chansons et le théâtre mais la réalité montre que ce métier était difficile et délicat comme le souligne Monsieur GAY maire de Noisy le Sec en 1914 « Le garde champêtre travaille avec dévouement souvent seul contre les voleurs et c’est pour cela qu’il a un chien dont on paie la nourriture ». Métier difficile et pas sans risque : à Rosny, un garde champêtre est retrouvé pendu par des malandrins.
Pour ses mérites et ses services rendus, Léger Ramade reçoit en1921 la médaille de la police municipale et en 1929 la médaille d’honneur de la police rurale plus une gratification de 200 francs. En 1934, il prend sa retraite et s’adresse par courrier au maire pour toucher une rente mensuelle plutôt qu’annuelle (cf. archives municipales)
II/La police nationale à Noisy le Sec
On ne trouve rien avant l’année 1893 dans le livre référence sur l’histoire de la police à Noisy le sec (Espaullard) et pas davantage dans les archives noiséennes sur la police.
C’est à cette date que la commune réclame un poste de police pour la ville. En effet Noisy le Sec connait un grand essor entre 1891 et 1893, la ville est passée de 5700 habitants à 1800, des activités agricoles, industrielles et ferroviaires ont favorisé cette croissance. Noisy le Sec se tourne vers les communes avoisinantes (Bondy, Rosny, Bagnolet, Villemomble) et leur propose un commissariat commun, elle se dit prête, même, à en assurer les frais d’installation. Ces communes acceptent avec cependant une réserve de la part de Bondy qui demande l’amélioration des voies de communication en particulier le Chemin des Barbeaux (aujourd’hui liaison entre le Petit Noisy et Bondy) et le prolongement de l’avenue Victor Hugo car Bondy se dit plus proche de Pantin que de Noisy le Sec (cf document : Lettre du sergent Deffrement du Conseil municipal de Bondy archives municipales de Noisy sic)
Les demandes de commissariat se succèdent inlassablement (1896, 1898,1901)
En 1902 un début de réponse : le commissariat des Lilas prêtera trois agents de permanence deux jours par semaine au 5 rue de l’église, libérée, dorénavant, du presbytère qui s’installe au 7 rue Cottereau. La Préfecture avance l’argument que la ville est déjà dotée de deux gendarmeries : une près de l’église, une boulevard de la République, argument repris par le commissaire des Lilas qui estime que le territoire de Noisy est suffisamment couvert. Une indemnité de six cents francs par an est allouée pour les agents déplacés des Lilas à Noisy, sauf pour ceux qui sont logés sur place. Cette indemnité ne sera effective qu’en 1916.
Le commissariat de la circonscription des Lilas assure la police sur les communes de Noisy le Sec, Rosny, Bagnolet, Villemomble, Romainville ce qui représente près de vingt sept mille habitants et traite mille deux cents affaires par an dont cinq cents à cause des vagabonds errant dans les carrières de Noisy le Sec, Romainville et Bagnolet. Cette fois la demande de Noisy le Sec est favorablement soutenue par le commissariat des Lilas qui en voit tout le bénéfice pour sa ville.


place de la mairie
En 1910, pour douze mille habitants à Noisy le Sec, l’effectif de son poste de police compte un sous brigadier et cinq agents par semaine. En 1912 un agent supplémentaire lui est octroyé.
En 1914, 1916, 1917 les insistantes demandes pour un commissariat ne sont toujours pas satisfaites.
C’est grâce à l’acquisition d’un portrait de Monsieur G. Collombet du 16 octobre 1921 que nous découvrons l’existence d’un commissaire à Noisy le Sec et donc du commissariat si longtemps réclamé, il est installé au 5 rue de l’église au lieu et place du poste de police. Ses prérogatives couvriront la nouvelle circonscription : Noisy, Pavillons, Bondy, Rosny.
Selon les archives de Noisy le Sec, la répartition des effectifs de la police sur la circonscription est la suivante : pour Noisy : un commissaire, son secrétaire, deux brigadiers chefs, quatre brigadiers, un inspecteur, un garçon de bureau et cinquante-trois agents sur les soixante-treize, alloués ; les autres communes sont moins bien dotées et Bondy n’en reçoit aucun.
En 1931 et 1932, un nouveau poste de police voit le jour grâce à l’achat par la ville de la propriété située au 7 rue de l’église, propriété de l’ancien maire Monsieur Gay qui sera réaménagée en commissariat. Le coût de ce nouvel aménagement s’élève à plus de deux cent mille francs qui s’ajoutent aux frais de l’aménagement d’un nouveau cimetière et d’une annexe à la mairie. Une subvention de cent mille francs est allouée à la ville par le Conseil départemental de la Seine.





7 rue de l’Eglise

Après le bombardement du 18 avril 1944, le commissariat de Noisy le Sec est en partie soufflé, il est transféré à Villemomble. Par les archives municipales, on apprend, à la lecture d’un courrier du mois de mai, qu’un différend s’est installé entre le maire de Noisy le Sec, Monsieur Leblond, et le commissaire de Villemomble, Monsieur Guillaume, à propos de détériorations importantes au commissariat de Noisy le Sec : « fils électriques démontés, meubles déménagés, étagères arrachées, placards hors d’usage… » A ce constat Monsieur Guillaume répond qu’il s’agit d’un malentendu et rend responsable le bombardement ; « quant aux meubles ils ont été mis à l’abri au commissariat de Villemomble dans un lieu sécurisé » sic. Le maire de Noisy le Sec met un terme à cette dispute et enjoint le commissaire de la ville de s’adresser dorénavant au commissaire de Pantin et non plus à celui de Villemomble.
En décembre 1944 le commissariat rouvre ses portes à la suite d’une intervention insistante du Président du Comité Local de Libération Nationale (Monsieur Quatremaire), une demande de dédommagement de guerre de 45.3000 francs dont 7.500 francs pour le commissariat, 200.000 francs seront accordés.
En 1946, on apprend par un article de journal que le commissaire Tissier rackettait des commerçants de Paris et revendait au marché noir des marchandises saisies illégalement. Il fut condamné à 5 ans de prison et à 340.000 francs d’amendes et ses complices (deux agents) à 5 et 3 ans.


plaque posée le 9 mars 1946 par Henri Quatremaire, maire

En 1949, il est demandé une augmentation d’effectif pendant les vacances aux carrefours et les jours de marché. Refus de la Préfecture qui déclare « entre 1939 et 1949, les effectifs à Noisy le sec ont plus que doublés, ils sont passés de 124 à 273 » sic
A partir de 1950, chaque commissariat doit être équipé d’un car de police, d’une voiture radio, d’une voiturette et de seize motocyclettes.
En 1975, construction d’un nouveau commissariat au 2-4 rue de Neuilly.
Concernant la situation de la police nationale à Noisy le Sec celle-ci n’a pas répondu à nos sollicitations et nous ne pouvons donc l’évoquer dans cette étude.

III /La police municipale à Noisy-le-Sec
Elle est créée en 2013
Elle se compose d’un chef de service, Monsieur Roulier, d’un adjoint, d’une assistance de direction, de dix agents et de dix ASVP (agent de surveillance de la voie publique)
Son organisation : deux brigades, celle du matin (4 h) celle de l’après midi (5 h) tous les jours de 8h à 20h. A partir de 20h jusqu’à 1h du matin la relève est assurée par la télésurveillance.
Une brigade Pôle Prévention est composée d’un chef et de deux agents.
Cette police est sous l’autorité du maire, elle est recrutée lors d’un concours spécifique (épreuve écrite, orale et sportive), elle n’est pas armée.
Son siège se situe près de la gare.

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GLOSSAIRE
Maréchaussée : sous l’ancien régime, corps de cavaliers sous les ordres d’un prévôt, chargée des mêmes fonctions que la gendarmerie actuelle.
Prévôt : officier ou magistrat d’un ordre civil ou judiciaire du roi ou d’un seigneur dépendant de la prévôté.
Gendarme : le terme apparait au XIV et XVème siècles sous la forme gens d’armes mais c’est sous la Révolution qu’il est employé pour tout militaire appartenant à un corps chargé de la sûreté et du maintien de l’ordre public.
Police : (XVIIème siècle) même fonction que le gendarme mais ne dépend pas de l’armée.
Franc : valeur actuelle selon chatgpt
En 1900 : 3,03 euros
En 1930 : 0,55 euro (après la dépression de 1929).
BIBLIOGRAPHIE
Les archives de la ville de Noisy-le-Sec
Les archives de la Préfecture de police (Le Pré Saint Gervais)
Noisy-le-Sec, village heureux,ville martyre, Hector Espaullard
Les annales de 2012 de Noisy le Sec Histoire(s)
Marie José GLADIEUX


