Pourquoi Verdun ?

Au début de l’année 1916, cela fait déjà de longs mois que le front de la Première Guerre mondiale est devenu immobile : les tranchées n’ont pas changé de position et les échanges de tirs deviennent stériles. Le regard des Etats-Majors se tourne vers Verdun. Désireux d’en finir, Eric Von Falkenhayn, commandant suprême de l’armée allemande, décide de « saigner à blanc » les Français, selon sa propre expression.
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Verdun et ses fortifications forment un saillant dans les positions allemandes

Le site de Verdun est choisi en raison de sa position stratégique, de sa renommée historique (il a été pris par les Prussiens à deux reprises) et de la fragilité de sa défense.

L’offensive surprise

21 février 1916, à 7h 15, l’artillerie allemande déclare officiellement les hostilités. Les premières heures sont effroyables : des obus déferlent en continu sur les positions françaises, prises par surprise et totalement impuissantes. Sur Verdun, les obus tombent à 8h 15.

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Les obus visent la gare et les ponts. En fin d’après-midi, l’infanterie allemande prend le relais et tente une percée. Les premiers jours de la bataille sont terribles. Un déluge de feu et de gaz toxique s’abat sur seulement 5km de front pendant plus de huit heures.

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On se bat souvent pour quelques mètres, baïonnette au fusil, couverts de boues, assoiffés, asphyxiés, rompus. Les jours suivants, les combats se poursuivent avec la même intensité.

Daudigny Wolfer

Le fort de Douaumont

Le fort de Douaumont a été construit en 1885 par le général Séré de Rivières. Ordinairement, sa garnison compte 500 hommes pouvant atteindre 800, mais par le décret du 5 août 1915, elle a été supprimée ainsi que son armement et ses approvisionnements.
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Le fort, occupé par une cinquantaine de territoriaux, est pris le 25 février. Le fort devient le pivot de la défense allemande sur la rive droite de la Meuse.

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En réaction, le 26 février, le général Pétain est nommé au commandement de la bataille. Son mot d’ordre est « Tenir coûte que coûte, celui qui recule sera fusillé ». Dans un premier temps, il organise la défense. Les forts sont réarmés. Les généraux français ont mis sur pied un système de tourniquet : les unités restent en ligne pendant 10 à 15 jours puis sont relevées.

La quasi totalité de l’armée française est ainsi passée par Verdun — les Allemands, eux, ne remplaçaient leurs unités que lorsqu’elles étaient complètement usées.

L’espérance de vie d’un soldat à Verdun est de deux semaines.

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Les villages « morts pour la France ».

Des villages entiers sont détruits, les champs sont labourés par les obus, l’air est vicié par les gaz, les bois disparaissent pour laisser place à un paysage lunaire fait de cratères et de tranchées. Les villages perdus un jour sont reconquis le lendemain. Fleury sera pris et repris 16 fois.

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Le village de Louvemont

«Le village était un enfer ; à des intervalles de quelques minutes, on voyait le tir de l’artillerie allemande s’allonger et une vague d’assaut s’élancer en avant. Les défenseurs sortaient aussitôt à la baïonnette, et tout se perdait dans la fumée et la neige qui commençait à tomber très fine. Quelques instants plus tard, la même scène recommençait.» Colonel Bourges

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Le village de Bezonvaux

25 février, le 4ème Bataillon de Chasseurs à Pied et le 44ème Régiment d’Infanterie, chargés de sa défense, plient désespérément sous les violents assauts de l’artillerie puis de l’infanterie allemande qui prend alors possession du village éventré.

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Le village de Cumières

 Le village, perdu par les troupes françaises en mai 1916 et repris en août 1917, disparaîtra totalement sous l’acharnement des pilonnages des obus français et allemands.

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Le village de Vaux sera pris et repris 16 fois. Le moindre surplomb devient un enjeu la ligne de front ne cesse de bouger mais ne cède pas.

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Jurion Gelas Huet Genoux

La guerre des mines

La guerre de mine et de sape permet d’ouvrir une brèche brusquement avant de donner l’assaut. On creuse donc des galeries vers les tranchées ennemies afin de déposer sous elles des charges d’explosifs.

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La butte de Vauquois : Les galeries forment des réseaux très enchevêtrés, et il arrive parfois de déboucher dans des galeries ennemies, ou sur une de ses mines.

On compte entre 519 et 538 explosions de mines sur la butte de Vauquois qui perdra 18 m de haut durant cette période.

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« La voie sacrée »

Route stratégique qui relie Ber-le-Duc à Verdun. Elle fut l’artère principale de la bataille de Verdun et dénommée ainsi après guerre par l’écrivain Maurice Barrès.

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Les camions de transport de matériel et de troupes y défilèrent sans arrêt au rythme d’un véhicule toutes les treize secondes en moyenne. Elle assura l’acheminement mensuel de 600 000 tonnes de matériel, de 413 000 hommes et de 240 000 blessés. Les chauffeurs doivent tenir au volant 18 heures par jour et prennent seulement quelques heures de sommeil dans le fond de leur camion. Ce rythme infernal peut durer jusqu’à 10 jours d’affilée.

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Entre février et avril, les effectifs mobilisés à Verdun ont plus que doublé : de 230 000, ils sont passés à 584 000 soldats. Ce sont près des 2/3 de l’armée française qui participent à la bataille.

Deschamps Koller Besegher Guérin Jérome D'Hont Vigneron

Les combats du Mort-Homme

Après une intensive préparation d’artillerie, (de violents et méthodiques marmitages sur tout le front allant de la cote 304 à Cumières), les Allemands attaquèrent, le 9 avril, en vagues compactes, précédés de lance-flammes. La bataille est acharnée et les pertes de la 42ème division d’infanterie sont très élevées.

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1er mai 1916 Pétain est nommé chef de l’armée du centre et remplacé à Verdun par le Général Nivelle.